MASSAGE SHIATSU
Le massage shiatsu est d'origine chinoise. Le mot «shiatsu » se décompose en deux syllabes : la première (shi) signifie « doigt » et la deuxième (atsu) « pression ». On peut donc être tenté de traduire « shiatsu » par « digipression », mais ce serait en fait bien réducteur ; le shiatsu est bien plus que cela.
Diagramme des points
de massage
© Sandor Weisz
Il est difficile voire impossible de cerner les débuts du massage shiatsu, il y a probablement plusieurs milliers d'années, il est né pour ainsi dire lorsque l'homme a commencé à se masser sous l'effet de la douleur. C'est en effet un réflexe que de se frotter pour estomper une douleur.
Ce qu'on sait avec certitude, c'est que le mot « shiatsu » n'apparaît qu'au début de ce siècle et que la forme thérapeutique de ce massage n'est reconnue au Japon que depuis une cinquantaine d'années.
Le massage shiatsu procède de la médecine chinoise qui englobe la pharmacopée, la gymnastique, l'acupuncture, la moxibution et le massage (anmo devenu anma au Japon).
LES MÉCANISMES
Pour comprendre les mécanismes du shiatsu, il est important de bien connaître ses fondements originels. En médecine orientale, l'énergie (ki ou chi) circule le long de lignes appelées « méridiens », ponctués de points nommés «tsubos » (ce sont les points d'acupuncture). C'est là que se concentre l'énergie.
Les méridiens et les tsubos sont reliés aux organes internes ; ils en sont l'expression à la surface de la peau. Ainsi, lorsqu'un organe est en dysfonctionne
ment, le méridien et les tsubos qui lui correspondent laisseront-ils apparaître des signes d'avertissement.
Ces signes pourront varier en fonction de la nature du désordre (si l'organe est en surcharge énergétique, les tsubos pourront être durs et douloureux ; au contraire, si l'organe manque d'énergie, le méridien et les tsubos correspondants seront mous et sensibles en profondeur).
Les points situés le long de la colonne vertébrale, appelés points shu, correspondent aux ganglions sympathiques reliés aux organes internes par l'intermédiaire du rachis et du cerveau. Lorsque l'on presse ces points, l'organe relié reçoit le même stimulus, et inversement, lorsque l'organe, pour une raison ou pour une autre (maladie, désordre), envoie un signal, le point situé sur la peau reçoit la même information.
On devine là l'importance du toucher du praticien : les doigts servent à la fois à envoyer des informations, mais aussi à recevoir des réponses en retour. Les pressions et relâchements servent à rétablir l'équilibre énergétique dans les méridiens et par là même faire disparaître l'état maladif de l'organe.
Une partie de notre système nerveux fonctionne en dehors de notre volonté, c'est le système nerveux autonome qui s'occupe des fonctions réflexes de notre corps. C'est lui qui gère les réactions de notre corps aux stimuli externes. Il fonctionne de deux manières : soit il s'adapte, c'est la fonction parasympathique, soit il se ferme, et c'est la fonction orthosympathique. C'est cette deuxième fonction qui est responsable des blocages d'énergie et donc des maladies et des dysfonctionnements de notre organisme.
Le système sympathique sert, en fait, à mettre en route les défenses de notre corps face aux agressions extérieures : par exemple, lorsque l'on enfile un vêtement, le premier contact est une défense, il arrive que l'on ressente des picotements. Puis le corps analyse le niveau de danger de l'élément extérieur, il décide d'accepter cette sensation étrange et n'envoie plus de signaux, c'est que le système parasympathique fonctionne.
C'est ainsi que l'on est obligé de constater une augmentation constante des maladies non classées et difficiles sinon impossibles à soigner avec les moyens de la médecine traditionnelle occidentale. La médecine occidentale s'est orientée vers la lutte contre les microbes, mais il est évident que cela n'est pas suffisant. Nous avons vaincu la peste, la polio, la tuberculose et la grippe, mais non la neurasthénie, car il n'existe pas de vaccin contre l'ennui ou l'apathie.
Nous sommes de plus en plus confrontés aux stimuli extérieurs qui nous agressent de jour comme de nuit (les bruits, les pollutions atmosphériques, etc.). Et, de la même manière que le corps lutte contre les microbes, il lutte contre le stress. Sa principale défense est le système nerveux sympathique qui lui permet de se fermer complètement en attendant de pouvoir trouver une solution d'adaptation. Quelle que soit l'agression, physique ou psychique, le corps a ou aura une réaction de sauvegarde.
Mais notre système nerveux a ses limites, et il est parfois dérouté devant le nombre constamment croissant des agressions, des stimuli, et il finit par ne plus donner de réponse, ou des réponses erronées (douleurs diverses, mauvaise chimie du sang, sensations inconnues, picotements, bourdonnements d'oreille, dermatoses...).
Le shiatsu, par son action, vise à stimuler les défenses naturelles de l'organisme et à faire lâcher les tensions créées par le système nerveux autonome. Mais il ne faut pas oublier que la maladie est un signal d'alarme et qu'il ne faut pas effacer ce signal sans rééquilibrer l'ensemble du corps. L'idéal est de pratiquer le shiatsu de manière préventive : entre deux saisons, avant une période de surmenage, aux premiers symptômes de la maladie. C'est ainsi qu'autrefois, en Chine, le médecin était rémunéré tant que son client était en bonne santé.
LES EFFETS DU MASSAGE SHIATSU
Les effets du shiatsu se situent à deux niveaux : physique et psychique.
• Au niveau physique, les pressions vont permettre de détendre les muscles, ce qui aura pour effet de favoriser l'alignement vertébral (vertèbres soi-disant coincées ou déplacées), de faciliter l'irrigation sanguine et la ventilation pulmonaire, d'accroître la souplesse corporelle, donc d'augmenter la mobilité articulaire. De même, le shiatsu agit sur les mécanismes de sécrétion des hormones, ce qui, par exemple, permet de régulariser le fonctionnement du métabolisme qui gère la prise ou la perte de poids.
• Il est certain que les bienfaits physiques ont une répercussion sur la psyché. Très souvent, à la fin d'un shiatsu, le jusha (la personne massée) ressent un état de bien-être et de calme intérieur indéfinissable, une sorte de calme « tonique », une meilleure sensation au niveau de la respiration et de la vue, une plus grande facilité d'adaptation à l'environnement. Il n'est pas rare que la personne massée ressente encore des effets dans les jours qui suivent et même rêve de périodes enfouies depuis longtemps dans le subconscient, ce qui tend à la libérer de choses refoulées volontairement ou non.
Il existe bien une relation d'interdépendance entre l'ordre psychologique et physiologique. Les colères agressent le foie et provoquent des douleurs au niveau de la neuvième dorsale, de même, la déprime bloque la troisième dorsale et perturbe le système respiratoire, etc.
Le rôle du shiatsuki (le masseur de shiatsu) a donc toute son importance, car les dysfonctionnements et les désordres fonctionnels sont les maladies de notre siècle. Le corps a les moyens de se guérir et le shiatsuki est l'opérateur de cette guérison. Mais le rôle du shiatsuki ne se limite pas au simple massage de son patient. En effet, il a également un rôle éducatif. Il doit préparer l'avenir de son patient en lui donnant des conseils de vie afin de ne pas reproduire indéfiniment le problème rencontré.
Le shiatsu ne doit pas devenir l'aspirine du XXIe siècle, c'est-à-dire le remède miracle à tout problème d'autant plus prégnant que l'on n'a rien fait pour s'en prémunir; sans compléter son action par un travail en aval, le shiatsu ne pourrait pas grand-chose à terme. Le shiatsu pourra ainsi être prolongé par une forme d'auto-shiatsu, le do-in.
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